CORONAVIRUS

31 oct. 2008

LES MESURES A CONTRE EMPLOI

Crise économique > LES MESURES À CONTRE-EMPLOI DE NICOLAS SARKOZY Le président prétend amortir les effets de la récession sur le chômage avec de vieilles recettes déjà inscrites dans ses «réformes». Pour FO, seul un «plan de relance» digne de ce nom permettrait de limiter les dégâts. Inscrivez-vous à la lettre d'information Jour après jour Après les banques et les entreprises, Nicolas Sarkozy a présenté mardi à Rethel (Ardennes) son «plan de soutien» à l’emploi. Et tout indique que ce troisième étage de la fusée anti-crise de l’Elysée aura l'effet d'un pétard mouillé pour «la France qui souffre». Seule mesure chiffrée dudit plan, le recours aux contrats aidés par l'Etat, dont le nombre va être augmenté de 100.000 l’an prochain et qui sont destinés aux chômeurs, RMIstes, adultes handicapés… C’est le retour du « traitement social du chômage» tant honni par le gouvernement Fillon. Pour M. Sarkozy, il s’agit là d’être «pragmatique» afin de mieux «faire face à la détresse et à la souffrance humaine» car «on n’a pas droit, sur la misère humaine, de faire de l’idéologie». C’est aussi un bon moyen d’amortir les effets de la crise sur les statistiques du chômage qui doivent rester présentables.Ces contrats de travail, le plus souvent à temps partiel et à durée déterminée, pour lesquels les employeurs bénéficient d'aides publiques (subventions à l'embauche, exonérations de cotisations sociales etc.) s'ajouteront alors aux 230 000 figurant déjà dans le projet de budget 2009 pour un coût d’environ 250 millions d'euros. Autant dire une goutte d’eau dans l’océan de milliards offerts aux banquiers. Le chef de l’Etat a également annoncé l’extension du contrat de transition professionnelle (CTP) aux bassins d'emplois «les plus touchés par les difficultés économiques » alors que ce dispositif d'accompagnement des licenciés économiques est en cours expérimentation sur sept sites. Durant une période de 12 mois maximum, le CTP permet aux salariés privés d’emploi d’avoir un suivi personnalisé dans leur parcours de reclassement tout en gardant 80% de leur rémunération brute antérieure. «Je demande la généralisation aux bassins d'emplois les plus difficiles du Contrat de transition professionnelle», avec, pour "la personne qui est licenciée économique, dans une entreprise de moins de 1.000 salariés, 100% de son salaire pendant 12 mois, accompagnement personnalisé, formation, travail en entreprise pour trouver un nouvel emploi», a promis le président. Pour le reste, M. Sarkozy n’entend pas renoncer à son «idéologie». Afin de «promouvoir l'emploi d'aujourd'hui, il nous faut tout à la fois créer une véritable sécurité sociale professionnelle, en sécurisant mieux les parcours professionnels et proposer des solutions immédiates et concrètes aux situations difficiles qui vont se présenter sur le terrain», a-t-il dit, en promettant des «décisions (...), avant la fin de l'année». Il veut ainsi voir «simplifier les filières d'indemnisations» des chômeurs, avec la mise en place d'une «filière unique» qui permettrait aux demandeurs d'emploi, après six mois de cotisations «d'accumuler progressivement des droits» dans le cadre des négociations interprofessionnelles en cours sur la future convention assurance-chômage. Il a d’ailleurs réclamé l’accélération de la fusion entre l'ANPE et les ASSEDIC : «dès l'été prochain, il ne doit plus exister en France que des "guichets uniques" pour les chômeurs», et «dès septembre prochain, l'entretien unique doit être généralisé». Et il a proposé de réorienter les fonds de la formation professionnelle continue (gérée par les interlocuteurs sociaux) vers les formations des chômeurs (mission normalement dévolue à l’Etat). Ce qui reviendrait à déshabiller les salariés pour habiller les demandeurs d’emplois. Le président de la République a également demandé aux parlementaires de se saisir dès «maintenant» et «sans tabous» de la proposition de loi sur l’extension du travail le dimanche. Parmi les mesures «immédiates et concrètes», il entend faciliter le recours aux CDD pour les PME parce que, selon lui, si «en période de forte croissance, "un CDD en plus c'est un CDI en moins" (…) en phase de ralentissement, un CDD en plus, c'est un chômeur en moins». De quoi faire bondir les syndicats sur cette boulimie de déréglementation sociale. Jean-Claude Mailly (FO) s'est inquiété : «Le président a cité à nouveau le travail du dimanche, la durée du travail et un assouplissement du CDD. S'agit-il d'un CDD-CNE (contrat nouvelles embauches)? D'une modification des règles de fin de CDD ?». Par ailleurs la confédération a estimé, dans un communiqué, que le train de mesures annoncé mardi «n’est ni plus ni moins que la réaffirmation du plan de "réformes" mis en œuvre en 2007» alors qu’un «plan de relance et de soutien à la consommation des ménages s’imposait et s’impose toujours» afin d’amortir les effets de la récession. Qui pourrait bien durer un certain temps…

Aucun commentaire: